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La fontaine au poisson
miraculeux
A Plomodiern, au hameau de Lescobet, on découvre le petit sanctuaire élevé à l'endroit même de la forêt sacrée où Corentin vécut en solitaire. La fontaine qui coule toujours en ce lieu, hébergeait à cette époque un poisson exceptionnel. A chaque repas en effet, l'ermite en coupait un morceau pour sa nourriture et chaque fois le poisson se retrouvait entier. Lorsque les visiteurs passaient par là, si nombreux fussent-ils, la petite tranche permettait de leur préparer à tous un excellent repas. Cette aubaine advint au roi Gradlon et à sa suite, égarés lors d'une chasse. Un des serviteurs, ayant observé la scène, voulut imiter Saint Corentin. Hélas, il ne fit que blesser le poisson. Remis à l’eau par Saint-Corentin, l’animal disparut à jamais. Aussi lorsque Gradlon, roi de Cornouaille, voulut plus tard fonder un évêché sur ses terres, il se souvint de l'extraordinaire personnage rencontré au voisinage du Ménez-Hom et de son poisson reconnaissant, il offrit l’évêché de Quimper à l’ermite Corentin qui devint le premier titulaire du siège épiscopal de Quimper.
Les eaux de la baie de Douarnenez recouvraient, selon la légende, la ville d'Ys. La tradition a fait de cette cité la capitale de Gradlon le Grand, roi de Cornouaille. Elevée sur un polder, elle était protégée de la mer par une digue. Des écluses s'ouvraient à marée basse pour évacuer l'eau des rivières et se refermaient lors des flux. Ys était donc menacée par l'océan mais toutes les précautions étaient prises pour l'en défendre. Les portes de la mer ne pouvaient s'ouvrir qu'au moyen de lourdes clés, déposées dans une cassette que le roi conservait sur sa poitrine. Ys aurait donc couru peu de danger si elle n'avait été une cité aux moeurs dissolues où sa fille de Gradlon, Dahud, donnait l'exemple de la débauche. Saint Gwénolé y venait souvent de Landévennec, mais les habitants peu accessibles aux remords, n'écoutaient guère ses admonestations. Aussi Dieu décida-t-il de livrer la ville à Satan. Sous l'apparence d'un beau jeune homme, le Mauvais s'introduisit au palais et réussit à séduire Dahud. Dans la nuit qui suivit, il obtint d'elle qu'elle allât chercher, au cou de son père, la fameuse clé d'or. La marée était à son plein quand les écluses furent ouvertes. Les eaux s'engouffrèrent dans les rues. La panique eut à peine le temps de se déclarer tant fut subite l'irruption des flots. Dieu permit que le roi fut réveillé quelques instants plus tôt par Saint Gwénolé. Il sauta sur son cheval plaçant sa fille en croupe, et s'enfuit précipitament avec le moine. Mais tandis que celui-ci filait comme le vent, la monture de Gradlon, alourdie par le poids de la pécheresse, s'essouflait rapidement, et les flots déjà rejoignaient les attardés. Gwénolé ordonna alors au roi de se séparer de sa fille ; le souverain refusa ; l'océan vint frapper les sabots de la bête. Gwénolé renouvela son ordre ; cette fois Gradlon obéit. A cet instant le cheval bondit, libéré ; les vagues ralentirent leur course et les deux hommes purent atteindre la terre ferme. Derrière eux, la mer recouvrait les toits et les plus hauts monuments de la ville d'Ys. La cité cependant, n'est qu'engloutie : elle n'est pas détruite. Les pêcheurs de Douarnenez, quand la mer est calme, en ont bien des fois entendu sonner les cloches, sous la mer. Dans le pays, chacun connaissait et venait admirer la richesse de Ker-Ys (Ker : ville) et en ce lieu féerique. Dahud, la fille du roi Gradlon, menait une fantasque vie. Son pouvoir de séduction entraînait princes et gentilshommes à sa couche jusqu’au jour où Dieu décida de mettre fin à ces moeurs dissolues. Un soir, Dahud fut charmée par un beau chevalier qui lui supplia de dérober les clés que gardait précieusement Gradlon. Envoûtée, la belle jeune fille s’exécuta, le chevalier s’en alla ouvrir les portes qui fermaient la digue et les flots envahirent la cité. Alerté, le roi Gradlon sella son destrier, prit sa fille en croupe et s’enfuit accompagné de Saint-Guénolé (fondateur de l'abbaye de Landévennec). Tandis qu’ils tentaient de gagner le continent, les vagues grossissaient derrière eux menaçant de les emporter au fond des mers. Saint-Guénolé pria alors le roi de précipiter la pécheresse dans les eaux pour être sauf. Mais Gradlon ne voulait pas abandonner sa fille. De sa crosse l’évêque toucha donc Dahud qui glissa et disparut dans les flots. Le cheval soulagé du fardeau, s’élança sur le terre ferme, là, le roi remercia le ciel d’être vivant et se retourna vers la cité. Là où mille palais scintillaient auparavant, il ne restait qu’une vaste haie. Ys, n’était plus que la cité engloutie. Et aujourd’hui encore, les gens du pays racontent qu’Ys la maudite ressuscitera un jour et comme le dit la chanson : « quand Paris sera engloutie, resurgira la ville d’Ys ». NB : Un superbe virail de l'église paroissiale de Kerlaz décrit la scène de la fuite.
A l'origine, le Ménez-Hom était une "montagne" sacrée. on y célébrait le culte d'un dieu solaire, alors qu'à mi-pente la première source était consacrée à une déesse, ou la vierge, selon l'époque. Ici, on a d'abord vénéré la déesse Brigitte. Dans la lande à proximité d'un temple gallo-romain fouille au XIXème siècle, un agriculteur du village de Kerguily avait trouvé en 1913, puis vers 1920, dans son champ, près de Trégarvan, les fragments d'une statuette en bronze de 70 cm de haut. Elle dormait là depuis plus de mille cinq cent ans. Il l'avait offerte ensuite à son médecin. Son beau visage de bronze semblait celui d'une jeune fille dont la coiffure était faite de mèches épaisses et bein individualisées ; un casque surmonté d'un oiseau portant un cimier, venait se placer sur la tête. Ce n'est qu'en 1972 que le musée de Bretagne de Rennes pût en faire l'acquisition et que les savants commencèrent à l'étudier. Il s'agissait d'une exceptionnelle représentation d'une minerve gallo-romaine, fabriquée au 1er siècle de notre ère, et faisant la synthèse des formes locales et méditerranéennes. Il est problable que l'artiste avait représenté Minerve sous les traits de la déesse des popultions d'origine celte que l'on retrouve dans les textes irlandais du haut Moyen Age sous le nom de "Brigit". La chapelle de Sainte-Marie du Ménez-Hom, située sur le flanc sud du Ménez-Hom a certainement recouvert les reste d'un temple païen, dédié à la déesse de la montagne, que l'on vénérait toujours à mi-pente, à l'endroit où surgissent les sources, tandis que l'on adorait le dieu solaire sur les sommets. On a retrouvé peu avant la guerre 1914/1918, dans un landier au-dessus de la route de Trégarvan, la statue en bronze de la belle jeune femme que l'on suppliait ici avant la mère Jésus. Elle est exposée sous le nom de Brigitte, l'antique reine des Celtes, au Musée de Bretagne à Rennes. De cette montagne aride où
rien ne pousse hormis cailloux et rares bruyères, la vue est
exceptionnelle sur la rade de Brest, la presqu'île de Crozon,
la baie de Douarnenez et les montagnes noires. A la tombée
du jour, le mont, arrondi et poli par l'érosion, devient souvent
un théâtre sauvage balayé par un vent violent,
instigateur de mystérieuses légendes.
(la légende de Tristan et Yseult) Un autre roi, celui de la légende de Tristan et Yseult, le roi Marc'h, parcourait les landes du Ménez-Hom, cette crête rocheuse de grès armoricain. Son tombeau se trouverait sur le flanc de la montagne, protégé par un amoncellement de pierres. Le roi Marc'h (l'antique dieu des chevaux) ne gagnera le paradis chrétien que le jour où, juché sur sa tombe, il pourra voir le clocher de la chapelle de Sainte-Marie du Ménez-Hom. Si en dépit de son passé, il échappe ainsi à la damnation éternelle à laquelle le christianisme a voué ses semblables, s'il a mérité de Dieu cette grâce, c'est disent les gens du Pays, par l'intercession de Sainte Marie, qu'il vénérait. Elle n'a pas cessé d'agir en sa faveur : si vous passer par là, sans doute rencontrerez-vous une belle dame qui vous demandera d'ajouter un caillou à la tombe du roi Marc'h.
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